L’arrêt de l’utilisation des animaux en sciences : réalité ou science-fiction ? Où en est-on ?
Chaque année, en France, les scientifiques ont recours à environ 2 millions d’animaux vertébrés (dont 70% de souris) pour faire avancer les connaissances ; la majorité des expériences réalisées bénéficient à la compréhension du fonctionnement du vivant et à la santé humaine et animale.
De plus en plus de voix dans la société s’élèvent contre le recours aux animaux en science arguant qu’il existe des méthodes sans animaux, comme les organoïdes ou les jumeaux numériques, qui peuvent remplacer l’animal. La communauté scientifique concernée estime que ces méthodes, dont le développement est en plein essor, ne permettent pas encore de reproduire la complexité du vivant et qu’elles restent, à ce jour, complémentaires de l’utilisation des animaux.
Il n’est d’ailleurs pas possible dans l’Union Européenne de mener à bien des projets qui incluent des animaux si des méthodes sans animaux permettent d’obtenir les mêmes résultats. C’est une des 4 conditions à respecter pour que le projet, évalué par un comité d’éthique (CEEA) dédié, reçoive un avis favorable qui conditionne l’autorisation par le ministère en charge de la recherche. Les 3 autres conditions à respecter sont :
L’évaluation éthique des projets en amont de leur réalisation et le respect de l’animal tout au long de la durée du projet par les scientifiques avec l’aide de la structure du bien-être animal (SBEA) sont deux points parmi de nombreux autres imposés par la réglementation européenne 2010/63/UE de protection des animaux utilisés à des fins scientifiques.
Anne Druilhe, Chercheuse Inserm, consacre une partie de son activité à accompagner les scientifiques au niveau local, régional et national pour un recours des animaux en science dans le respect de la réglementation et de l’éthique
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